Le Dr Brique Didier écrit aux députés et aux sénateurs…

Madame la Ministre,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

Voici vingt-deux ans maintenant que je suis installé comme médecin libéral à Dunkerque.

Depuis vingt deux ans , j’ai pu apprécier les multiples réformes entreprises en matière de santé et principalement celles susceptibles d’améliorer la qualité des soins et de notre exercice.

Génériques, évaluations des bonnes pratiques , télétransmission etc, la profession s’est pliée aux efforts demandés , sans reconnaissance de notre tutelle, sans écoute des difficultés que nous rencontrions au quotidien.

Toutes ces réformes ont eu comme effet la désaffection de notre spécialité , la plus économique , la plus empathique, de l’ensemble du corps médical, par les étudiants en médecine.

Toutes ces réformes ont été inefficaces pour rendre notre système de santé économique,  fiable et efficace.

Actuellement, il semble acquit que moins de 30 % des étudiants s’installeront un jour en médecine ambulatoire.

Un désert médical semble s’installer dans notre pays.

Comment nous , qui sommes installés depuis plus de vingt ans, ne pas comprendre nos jeunes confrères – et je suis Maitre de stage pour la faculté de Médecine de Lille- nous, qui sommes les médecins européens qui travaillons le plus ( 2500 heures/an en moyenne) , qui sommes les moins bien reconnus d’Europe , et en particulier oubliés dans nos facultés.

Bientôt la charge administrative , toujours plus pesante d’année en année, sera encore aggravée par l’usage d’un tiers payant généralisé qui allongera encore la durée de nos actes déjà parasités par les demandes cumulées , sociales , administratives , et médicales.
Notre liberté d’exercer est mise à mal.
Notre relation médecin patient est soumise à un lointain Big Brother méprisant.

La coupe est pleine car la fatigue est grande et le défaut de reconnaissance de notre profession devient humiliant.

C’est pourquoi , comme nombre de mes confrères , j’inscris sur ce courrier mon souhait d’effectuer dans les semaines qui viennent une demande de déconventionnement . 


Dr Brique Didier