Sandra Boutin
Le 10 janvier dernier, la Fédération des médecins de France refusait de signer le rapport d’étape auquel le SML, la CSMF, Alliance et MG-France apportaient leur accord. Dans les semaines qui ont suivi, la FMF s’est plaint à de multiples reprises de ce que les négociations se poursuivaient sans elle. Les autres syndicats rétorquaient qu’il allait de soit que tous les dossiers découlant de l’accord du 10 janvier ne concernaient pas la FMF puisqu’elle n’était pas signataire.
Il y a quelques jours pourtant, la FMF retrouvait la table des négociations pour la réunion officielle intermédiaire - avant la fin de la période de négociations - et s’inquiétait de ce que rien n’était réglé : « tout est nébuleux. On aborde les problèmes sans que rien de spécifique ne soit réglé », confiait en effet Jean-Claude Régi, président de la Fédération à la rédaction d’Egora (lire dans notre édition du 20 février 2003).
Aujourd’hui, il revient à la charge et déplore, dans une interview accordée à Egora, ce qu’il décrit comme un retour à l’idée de médecin référent. Les partenaires conventionnels se disent en effet favorables au remboursement des actes des médecins spécialistes consultés en seconde intention et à l’utilisation de dépassements d’honoraires pour les spécialistes consultés directement par les patients. Pour Jean-Claude Régi, cela revient à rendre le secteur II accessible à certains praticiens et pas à d’autres : « c’est l’instauration de l’iniquité », lance-t-il. Plutôt que ce schéma, le président de la FMF propose donc un « domaine d’exercice conventionnel unifié, libéral et régulé ». Il s’agirait en fait d’un domaine d’exercice libéral, c’est-à-dire assorti de liberté tarifaire, « tout médecin disposant de la possibilité de pratiquer des DE. Et qu’on ne croit pas que tous le feront, au contraire. Les médecins savent que s’ils pratiquent des tarifs opposables, ils perçoivent des avantages issus de la convention », explique le Dr. Régi. Et d’ajouter que, « de toutes façons, les médecins qui se comportent comme des renards dans un poulailler sont très vite sanctionnés par les patients qui changent de médecins ».
La Fédération des médecins de France refuse par ailleurs que le généraliste devienne un simple « médecin orienteur » et son président considère que l’idée des partenaires conventionnels « assurera, à terme, le démantèlement de notre système de soins ». Enfin, Jean-Claude Régi considère que ceux qu’il appelle « ses amis » - les autres syndicats - « font en ce moment le grand écart pour trouver comment permettre la création d’espaces de liberté tarifaire. Mais, au final, force est de constater qu’ils demandent la même chose que nous. Simplement, la façon dont la FMF voit les choses est beaucoup plus simple, plus facilement applicable ». Et de conclure : « j’ai pris mon bâton de pèlerin car je ne veux pas d’un système d’encadrement de la liberté tarifaire par les caisses qui se transformera inévitablement en une véritable usine à gaz ».
| Source : http://www.egora.fr/3v_script/winbreve_asp/winbreve.asp ?where=0&newsid=28034&news_ref=527 |